Festival Les Mycéliades à Ajaccio : Soleil Vert, une réflexion portée par l’enseignement agricole

Dimanche 8 février, au Cinemà Ellipse d’Ajaccio, le festival Les Mycéliades, dont l’ambition est de faire dialoguer fiction, sciences et questionnement citoyen autour des défis contemporains, a proposé la projection de Soleil Vert. La séance s’est prolongée par un échange avec le public animé par Barbara Morandini, enseignante d’éducation socioculturelle, Justin Tigreat, enseignant en biologie-écologie, et Jacques Roccasera, enseignant en aménagement des espaces naturels et agriculteur, enseignants à l’EPLEFPA de Sartène. Ensemble, ils ont montré comment l’enseignement agricole contribue à structurer des approches opérationnelles et des cadres d’analyse utiles à la compréhension des transformations sociales, alimentaires et environnementales.

Soleil vert (1973) bande annonce (vidéo, durée : 3 min 17 s)

Harry Harrison, Stanley R. Greenberg, Richard H. Kline, Van Allen James, Charles M. Wilborn, Harry W. Tetrick, Samuel E. Beetley, Robert R. Benton, Pat Barto, Fred Myrow, Bud Westmore, Sherry Wilson, Edward C. Carfagno, Russell Thacher, Walter Seltzer, Jack Baur, Daniel McCauley, Gene Marum, Metro-Goldwyn-Mayer (MGM)

Un film, un débat, et une question structurante : comment penser l’avenir collectif ?

Par son propos et sa construction, Soleil Vert dépasse le registre de la fiction pour poser des hypothèses sur l’organisation des sociétés confrontées à la contrainte des ressources. Le film interroge les modes de production, les choix alimentaires et les mécanismes de régulation sociale. Ces thématiques trouvent un écho dans les champs d’étude et de formation de l’enseignement agricole, en particulier lorsqu’il s’agit de relier dynamiques globales et réalités territoriales.

Quand l’approche socioculturelle éclaire les rapports entre alimentation et société

Barbara Morandini intervient auprès des apprenants de BTSA, toutes sections. Son analyse a permis d’aborder Soleil Vertcomme un objet de lecture sociale, révélant les liens entre organisation des systèmes alimentaires, inégalités et structuration du lien collectif. Cette entrée a posé les bases du débat en donnant des outils de compréhension des rapports entre production, consommation et cohésion sociale, éléments centraux dans les parcours de formation proposés à Sartène.

Appréhender l’alimentation par les sciences du vivant et l’histoire des pratiques

La discussion s’est poursuivie avec l’intervention de Justin Tigreat auprès des apprenants de BTSA Gestion et protection de la nature (GPN), de BTSA Gestion forestière et de Bac professionnel Gestion des milieux naturels et de la faune. À l’aide d’un dispositif de type Timeline, il a proposé une relecture de l’évolution des pratiques alimentaires, permettant de replacer les enjeux contemporains dans une trajectoire historique et écologique. Cette approche met en évidence l’importance de la connaissance des systèmes biologiques et des milieux dans l’analyse des choix alimentaires.

Relier développement durable, agriculture et organisation des territoires

Jacques Roccasera intervient auprès des apprenants de BTSA GPN. Son apport a permis de prolonger les échanges en abordant le développement durable comme un cadre d’analyse fondé sur l’articulation de dimensions économiques, sociales et environnementales. En mobilisant des situations concrètes liées à l’agriculture et à l’aménagement des espaces naturels, cette intervention a montré comment les enjeux soulevés par Soleil Vert se traduisent dans les politiques de gestion des territoires et les pratiques professionnelles.

Barbara Morandini et Justin Tigreat enseignants, posent côte à côte au cinéma L'Ellipse. Ils sourient face à l'objectif, Julien Tigreat tenant un paquet de pop-corn, dans un espace intérieur convivial.
Barbara Morandini et Justin Tigreat enseignants, posent côte à côte au cinéma L’Ellipse lors du festival Les Mycéliades à Ajaccio | Jacques Rocca-Serra

Ce que révèle la complémentarité des interventions pédagogiques

La succession de ces contributions a donné à voir une construction progressive du raisonnement, allant de l’analyse sociale à l’étude des systèmes vivants, puis à la gestion des espaces. Cette articulation reflète l’esprit des formations de l’EPLEFPA de Sartène, qui reposent sur la mise en relation de savoirs scientifiques, de méthodes d’analyse et de problématiques territoriales. Elle illustre des parcours de formation conçus pour permettre aux apprenants de comprendre les mécanismes complexes à l’œuvre dans les domaines agricole, forestier et environnemental.

Le cinéma comme espace de médiation entre savoirs et société

En accueillant cette séance dans le cadre du festival Les Mycéliades, le Cinemà Ellipse a joué un rôle central de médiation culturelle. Le cinéma devient ici un lieu de circulation des savoirs, où œuvres de fiction, apports scientifiques et échanges avec le public se répondent. Ce dispositif favorise une approche transversale des questions de société et contribue à rendre accessibles des problématiques souvent traitées dans des cadres académiques ou professionnels.

Une dynamique de formation ouverte sur le débat public

La participation du public témoigne de l’intérêt suscité par ces échanges. À travers ce type d’initiative, l’enseignement agricole affirme sa capacité à intervenir dans l’espace public, non comme simple transmetteur de techniques, mais comme acteur de la production et du partage de connaissances. L’EPLEFPA de Sartène apparaît ainsi comme un lieu où les formations s’inscrivent dans une démarche d’ouverture, reliant apprentissages, territoires et débats de société, et offrant des parcours susceptibles de répondre aux attentes de celles et ceux qui souhaitent s’engager dans les métiers liés au vivant et à la gestion des ressources.


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